L’Institut victime de son succès
On sait que notre province est la seule par tout le Canada qui possède un institut de radium. Elle est donc appelée à exercer une influence sur le Canada au point de vue médical, à moins que les universités des provinces-sœurs suivent immédiatement son
exemple.
– Le Canada, 5 avril 1923
Les succès de l’Institut du Radium de Montréal ne se limitent pas qu’au resserrement des liens entre le Québec et la France. Dès sa création, les journaux québécois soulignent qu’il s’agit du seul établissement du genre au Canada. Sans retenue, ils font la promotion des qualités quasi-miraculeuses du radium et considèrent que le docteur Ernest Gendreau est un génie de la science.
Écoutez le clip et la transcription : Article d’Origène Dufresne dans L’Action universitaire
Paradoxalement, le succès médiatique qui entoure la création de l’Institut le plonge dans une situation extrêmement difficile. Dès son ouverture, une foule de patient·e·s se précipitent à l’Université dans l’espoir d’être soignés. Souvent très pauvres, ils ne peuvent pas payer pour leur traitement. Cette situation affecte gravement les finances de l’Institut. En janvier 1924, on demande au personnel médical de donner 10% de leur salaire pour payer les coûts de fonctionnement du centre de recherche.
À ces problèmes de finance s’ajoute un problème de local. L’Institut de recherche, situé dans le sous-sol de l’Université de Montréal sur la rue Saint-Denis, n’est pas adapté pour recevoir un nombre aussi important de patient·e·s. L’espace est trop petit et les malades attendent dans les couloirs remplis d’étudiant·e·s. L’Institut du Radium de Montréal, qui a été pensé d’abord comme un espace de recherche spécialisé dans le radium, se trouve à jouer le rôle d’une clinique médicale débordée. En mai 1925, la situation est insupportable et les administrateurs de l’Institut décident de suspendre ses activités pour trouver une solution durable à la fois au problème de financement et à celui de locaux.